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L'AURORE
Corvette de Traite 1784

 

 

Les documents relatifs aux navires construits spécifiquement pour la traite négrière sont relativement rares. On connaît bien-sûr quelques exemples de "négriers" mais les informations qu'ils nous apportent sont relativement succinctes. J. Boudriot a découvert, aux Archives du port de Rochefort, un dossier provenant du constructeur Hubert Penevert contenant de nombreux documents de travail. Parmi ces pièces se trouvent quelques feuillets concernant la construction d'un navire destiné à la traite nommé "L'Orore". A partir de ces documents et du devis de charpentage d'un navire similaire, l'auteur a élaboré une monographie complète ayant servi de base à la réalisation de ce modèle.

Vue générale
Vue de profil de la corvette, les oeuvres vives ne seront pas bordées (Ech.:1/36).

Les navires pratiquant la traite doivent avoir de bonnes qualités nautiques, la rapidité des traversées diminuant les frais et la mortalité. La carène doit être fine mais de vastes volumes de cale sont cependant requis pour entreposer les importantes quantités d'eau et de vivres nécessaires à la "cargaison". De même, la surface utilisable dans l'entrepont doit être importante afin de loger les 600 futurs esclaves qui y seront retenus.
La charpente d'un tel navire est plus légère que celle d'une corvette de guerre et les ponts sont réalisés plus simplement, choix justifié par une artillerie peu nombreuse et de petit calibre. La mâture est moins élevée, on n'utilise pas les voiles d'appoints diverses, "fantaisies" nécessitant un équipage plus conséquent, condition que les critères économiques ignorent.
Les aménagements intérieurs sont sensiblement différents des habitudes de la Marine du roi. Hormis la petite soute du maître canonnier traditionnellement placée à l'extrême arrière de la cale, la totalité de cette dernière est dévolue au stockage de l'eau et des vivres (biscuit, fèves et riz).
Les captifs sont logés dans l'entrepont, leur nombre important obligeant à construite des échafauds, sortes de larges étagères sur lesquelles une partie des hommes est allongée. La partie tout à l'avant sert de cambuse à l'équipage qui y entrepose ses vivres, les hommes occupent environ deux tiers de l'entrepont dont ils partagent une partie avec les câbles d'ancre. L'espace restant vers l'arrière est occupé par les femmes. Une soute formant double cloison sépare ces deux espaces, on y place généralement les voiles de rechange. Les caillebotis donnant sur le pont sont remplacés par des grilles de fer et le passage de la grande écoutille est construit en tambour à claire voie.
Le pont principal est dédié au séjour des captifs dans la journée aussi, les cuisines traditionnellement placé sur l'avant de ce pont sont déplacées en arrière du grand-mât. Une forte palissade hérissée de pointes tranchante ferme le pont au niveau du gaillard d'arrière, séparant ainsi les captifs de l'équipage et de l'état major.
Autre particularité, les embarcations sont placées sur la mâture de rechange elle-même surélevées par des potences afin de dégager le pont principal.

 

G. Delacroix 1999-2000