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Le Boullongne
Navire de la Compagnie des Indes 1759

 

Depuis sa création par Colbert en 1664  jusqu'à sa disparition en 1770, la Compagnie des Indes française aura connu bien des changements, passant de périodes d'intenses activités à de relatifs sommeils dues aux périodes de guerre. Mais c'est surtout entre 1720 et 1770 que la Compagnie connaîtra une brillante prospérité. Installée à Lorient (le port de l'Orient), la Compagnie fera construire pendant cette période plus de 300 navires dont une centaine de vaisseaux à deux ponts de 600 à 1500 tx.
La conception des navires de la Compagnie étant légèrement différente de celle des constructions du roi, Jean Boudriot en a détaillé l'étude dans une monographie consacrée à l'histoire de la Compagnie, ses structures et surtout ses bâtiments au travers de l'étude du Boullongne, navire de 600 tx.
Voici donc quelques photos de deux modèles pour vous présenter ce navire, celui d'Éric L'Emaillet et le mien, tous deux sont en charpente et gréés. La décoration le premier est traité suivant "l'école" Frölich, le second l'est de façon plus traditionnelle en jouant simplement sur les teintes de bois.


Le modèle du Boullongne réalisé par Éric L'Emaillet (modèle EL).


L'autre exemplaire qui fut mon premier modèle en charpente (modèle GD).

Les principales caractéristiques qui différencient les navires de la Compagnie de ceux du roi se situent dans les aménagements. Destinés au transport de marchandises, ces bâtiments ne comportent pas de faux-pont dans leur cale afin de disposer de tout l'espace disponible. Les seuls aménagements de la cale consistent à l'implantation de la cale à eau tout à l'avant et à la réduction notable de ses dimensions, idem pour celles des soutes aux biscuits de l'arrière. La diminution de ces espaces est justifiée par un équipage bien moins important, de l'ordre du tiers de celui d'un navire équivalent de la marine du roi. Une grande partie des effets qui sont d'ordinaire stockés dans la cale (vivres, câbles, rechanges...) sont entreposés sur le premier pont qui ne peut alors plus porter d'artillerie. Même s'il est prévu des sabords à cette batterie (souvent en nombre réduit), ils ne sont destinés qu'au chargement ou à l'éclairement de l'entrepont. Le deuxième pont porte une batterie au calibre réduit et les gaillards ne sont généralement pas armés. Autre différence, la hauteur de la mâture et par conséquent les dimensions de la voilure sont également diminuées.

 Lien vers le modèle au 1/36 d'Olivier Bello

 

© Gérard Delacroix 2001